FK Krasnodar, montagne russe?

Au lendemain d’une seconde période insipide chez le dernier de Ligue 1, le Stade Rennais Football Club est à un tournant de son histoire. Pas le temps pour les regrets donc, il reste trois jours pour permettre aux hommes de J.Stéphan de peaufiner leur entrée en lice en Ligue des Champions. L’occasion d’en apprendre davantage sur l‘adversaire de mardi soir 21H, le FK Krasnodar.

Une histoire… vieille de 12 ans!

Originellement, le FK Krasnodar voit le jour en février 2008 par le richissime oligarque russe Galitsky. Loin des méthodes employées par l’Anji Makhatchkala pour se faire un nom, il va notamment miser sur la formation afin de gravir les échelons progressivement, en partant de la 3eme division. Le FK Krasnodar profitera alors de relégations administratives pour se retrouver dès 2011 au plus haut niveau national… et de s’y installer confortablement depuis. Ce n’est que 6 ans après sa création que le FK Krasnodar va connaître ses premières joutes européennes, en éliminant la Real Sociedad en barrages de Ligue Europa.

A l’instar des Rouge et Noir, ce sera donc une première historique pour le club russe en UEFA Champions League. Tout jeune club certes, mais qui compte à son actif des victoires de prestige. De Dortmund (1-0) en 2015, à Porto (3-2) la saison dernière, en passant par l’OGC Nice (5-2) ainsi que le FC Séville (2-1), ces résultats nous montrent que Krasnodar n’est pas là par hasard.

Un début de saison mitigé:

Comme évoqué lors de la présentation sommaire des adversaires, Krasnodar n’est pas au beau fixe. Rien d’alarmant pour autant, pointant à la 8eme place en Russian League mais à seulement 6 points du leader (classement à la 10eme journée). Or, le football ne se résumant pas qu’à de simples résultats statistiques, c’est plutôt le contenu des derniers matchs qui laisse à désirer.

Dès lors, cette qualification bien qu’historique à Thessalonique face au PAOK masque un début de saison poussif. Ils avaient pourtant enchaîné une série d’invincibilité de 7 matchs, avant la trêve, les « Byki » [taureaux] ont sombré face au Dynamo Moscou. Cette série avait commencé par un nul contre le CSKA Moscou, 1 partout. S’en est suivi une victoire accordée sur tapis vert par le comité de discipline, au détriment de Volgograd (V. 3-0), puis un succès record 7 buts à 2 contre Khimki (jamais le club n’avait inscrit 7 buts en match officiel).

Entre la double-confrontation face au PAOK, une rencontre à l’allure piégeuse les attendait à Sotchi, sur un terrain compliqué. Compliquée, la prestation le fût aussi. Menés et malmenés, il aura fallu attendre l’heure de jeu pour voir Petrov égaliser. Le « FKK » manquera même l’occasion de l’emporter en fin de match. Une constante cette saison, l’empreinte sur la partie ne se réduit qu’à une mi-temps.

En outre, face au Dynamo, ils se sont retrouvés dans l’incapacité de faire le jeu et ressortir proprement le ballon sur plusieurs séquences. Alternative principale à ces maux, le jeu long ou la recherche de profondeur s’avèrent être plus délicats en l’absence de Wanderson. Combinées à cela, les largesses défensives d’une charnière centrale remaniée sont venues porter le score à 2-0 pour les Moscovites.
Enfin, le FK Krasnodar a emmagasiné de la confiance en s’imposant 3-1 ce samedi, face au Rubin Kazan. Le tout avec une équipe redessinée, à l’approche du déplacement en terre bretonne.

A quoi s’attendre?

Tout d’abord, cet effectif est un mélange d’internationaux confirmés et de jeunes talents. Pour la première catégorie, Petrov, Gazinskiy et Smolnikov ont récemment été appelés pour rejoindre la sélection nationale russe. Olsson, Claesson et Berg avec la Suède et Martynovich avec la Biélorussie complètent la liste. Enfin, et ça relève l’importance consacrée aux jeunes, Magomed Suleymanov « Chapi », Safonov et Utkin ont retrouvé les U-21 russes dans le cadre des qualifications pour le Championnat d’Europe. Ainsi, ce ne sont pas moins de 10 joueurs qui ont représenté leur pays durant cette quinzaine.

D’un point de vue tactique, les hommes de Mourad Moussaïev, admirateur de M.Sarri, ont dernièrement évolué en « 4-3-3 ». Néanmoins, la mobilité de certains joueurs comme Cabella, un temps en soutien de l’attaquant, parfois dans le couloir gauche, additionnée au retour de Claesson rendront l’animation bien plus complexe. Par conséquent, l’équipe alignée devrait ressembler à cela :

Safonov tâchera de garder sa cage inviolée. Amené à devenir le successeur d’Akinfeev en sélection, il fait partie, à tout juste 21 ans, des meilleurs gardiens de sa génération. En charnière centrale, le brésilien Kaio, de retour ce week-end, sera associé à Martynovich. Petrov et Ramirez occuperont, quant à eux, les couloirs.
Dans l’entrejeu, on devrait retrouver Olsson accompagné de Vilhena, arrivé à l’été 2019 en provenance de Feyenoord. Reste à savoir qui de l’expérimenté Gazinskiy ou du prometteur Utkin, dans un registre plus offensif, sera privilégié pour cette rencontre.
Devant, Cabella en pleine bourre, et Claesson, tout juste remis d’une longue blessure, seront chargés d’alimenter Marcus Berg.

Le joueur à surveiller:

Utkin aurait pu être celui-ci, le choix s’est tourné vers un autre jeune talent : Chapi. Les supporters rennais avaient été émerveillés par l’entrée en jeu de Diego Lainez avec le Bétis Séville, ils pourraient en être de même si Magomed Suleymanov, de son nom complet, était amené à fouler la pelouse du Roazhon Park. Demandons au FC Porto s’il en garde un bon souvenir… (auteur d’un doublé, il avait grandement contribué à la qualification des siens pour le tour suivant)

Ci-joint, une compilation vous permettant de découvrir les différentes facettes de son jeu.

Alors, nul doute que sa capacité d’accélération et de pénétration en dribble intérieur ont déjà été étudiés par le staff rennais.
S’il n’a pas su bénéficier des absences simultanées de Wanderson et Claesson pour se faire une place de titulaire, celui qui fêtera ses 21 ans seulement en décembre pourrait faire parler de lui, à nouveau. Dalbert est prévenu..!

En conclusion, l’adversaire « le plus abordable » (Président Holveck) a des atouts à faire valoir. Pour espérer empocher des points, il faudra bien entendu « élever le curseur », ainsi que l’apport des 5 000 chanceux. Pour le reste, ce sera loin des yeux, près du cœur… хорошая игра!

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