Romain Del Castillo, sur la pente ascendante
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Longtemps cantonné à un rôle de simple remplaçant, Romain Del Castillo s’affirme progressivement comme un titulaire en puissance, jusqu’à devenir, presque, incontournable. Sa situation à Rennes n’a pas été toujours évidente, retour sur la montée en régime de celui qu’on surnomme Del Cass…

Romain, le jeune gone :

Né à Lyon, Del Castillo est un pur produit rhodanien. Il grandit dans la région et effectue toutes ses gammes en banlieue lyonnaise. Pour tout gamin du coin pétri de talent, l’inévitable devait arriver, une signature au centre de formation de l’Olympique Lyonnais. Ainsi, en décembre 2012 et à l’âge de 17 ans, ce qui peut être jugé comme tard dans le parcours traditionnel de formation d’un jeune joueur, le jeune Romain débarque à l’OL. En U19 puis avec la réserve en Nationale 2, il fait ses classes, notamment en Youth League. Ses performances impressionnent, suffisantes pour lui présager un avenir radieux.

De ce fait, l’OL lui propose son premier contrat professionnel, à la fin de l’année 2015. Période à laquelle il disputera ses toutes premières minutes avec les grands. Le 20 novembre 2015, Lyon se déplace sur la Côte d’Azur, à Nice. Hubert Fournier, le coach de l’époque, réalisera le rêve du petit Del Castillo, en le faisant rentrer à la 64eme minute de jeu en lieu et place de Sergi Darder. Le genre d’instant qui marque une carrière. Une vie même.

L’occasion se renouvelle 10 jours plus tard, à la Beaujoire. Seulement une petite dizaine de minutes cette fois-ci, mais Romain enchaîne. Serait-il en train d’acquérir une place à part entière dans le groupe pro lyonnais ? Hélas non. Del Castillo ne jouera plus la moindre minute en pro jusqu’au terme de la saison. Une situation à remédier au plus vite.

L’éclosion chez les Crocos

Au dessus du lot en N2, encore en dessous pour la Ligue 1, le Franco-Espagnol doit aller voir ailleurs pour continuer son développement. Del Cass obtient par un prêt ce que tout footballeur exige, jouer. Direction Bourg-en-Bresse, en Ligue 2, idéal pour accumuler les minutes et poursuivre sa progression. Dans l’Ain, il profite de son large temps de jeu, 37 rencontres disputées, pour briller et inscrit la bagatelle de 5 buts. D’ailleurs, son niveau lui vaudra d’être appelé en stage avec les Espoirs de l’équipe de France, pour la première fois à l’issue de l’exercice 2016-2017 (9 sélections au total de 2017 à 2019).

Cependant, c’est son deuxième prêt qui marquera les esprits. Romain débarque dans le Gard, au Nîmes Olympique. Bien lui a pris, puisque Nîmes effectuera une saison remarquable, qui leur permettra d’ailleurs de rejoindre l’élite française. Accession permise par l’intermédiaire d’un effectif talentueux, où l’on retrouve Savanier, Alioui ou Bozok, le meilleur buteur de Ligue 2 cette saison-là. Ainsi que Romain Del Castillo. Ce dernier n’est pas étranger à la bonne saison des Crocos, se révélant être un artisan majeur de la montée en Ligue 1. 4 buts et 6 passes décisives, un bilan parlant et plaidant en sa faveur.

La progression est constante, les étapes franchies une à une, l’heure est venue de se frotter à la Ligue 1. Taillé pour ?

Une arrivée timide en Bretagne

Cette belle saison du jeune joueur prêté par l’OL, pousse les Nîmois à vouloir l’enrôler définitivement. Hélas, pour eux, Olivier Létang et le Stade Rennais se montrent plus généreux, et convainquent le board lyonnais. Del Castillo rapplique en terre bretonne, contre la somme de 2 millions d’euros ainsi qu’un pourcentage sur une éventuelle plus-value à la revente.

De prime abord, son arrivée passe plutôt inaperçue. En effet, cet été-là, le club Rouge et Noir se montre particulièrement actif sur le marché des transferts, en recrutant moult joueurs. Aussi prometteur soit-il, le nom de Del Castillo n’est pas le plus ronflant à côté des autres nouveaux venus. Evidemment Hatem Ben Arfa et Clément Grenier, internationaux français ou Mbaye Niang, ayant joué au Milan notamment, font davantage rêver sur le papier.

Barré sur les côtés par Ismaila Sarr et Benjamin Bourigeaud, Del Cass ne fait pas figure de titulaire au sein d’une équipe européenne. D’autant plus, qu’il ne se dévoile pas sous son meilleur jour lors de ses premières apparitions en tant que joueur rennais. Compréhensible, le gap Ligue 1-Ligue 2 n’est pas simple et beaucoup se sont cassés les dents. Utile de rappeler les débuts délicats d’Adrien Hunou à la suite de ses deux prêts à Clermont, et qui à ce jour constitue un atout offensif indéniable.
Son temps de jeu est réduit, et ses partitions brouillonnes ne l’aident pas.

En somme, sa première saison est loin d’être idéale. Son cas questionne. Il est arrivé pour concurrencer Sarr et Bourigeaud sur les ailes et étoffer le front de l’attaque rennaise, sans y parvenir. Même le statut de remplaçant semble taillé trop large pour son physique frêle. Erreur de casting ?

Une progression fulgurante

Qui dit nouvelle saison, dit cartes rebattues. L’expression adéquate pour qualifier la situation du Bleuet, le contexte va lui filer un coup de pouce. Sarr s’en est allé outre-Manche tandis que Bourigeaud retrouve son poste d’origine, c’est-à-dire l’axe, afin de pallier le départ du capitaine André parti du côté des Dogues. Malgré l’arrivée record du brésilien Raphinha, Del Castillo a un réel coup à jouer. Une opportunité qu’il va vite saisir.

On est le 18 août 2019, lorsque l’on joue la 2eme journée de Ligue 1. Rennes reçoit le Paris Saint-Germain. Del Cass est aligné d’entrée par le technicien Julien Stéphan, une titularisation lourde de conséquence. Après un premier acte où les équipes se sont quittées à 1-1, les Rouge et Noir vont prendre l’avantage au retour des vestiaires. Grâce à qui ? Vous avez la réponse. D’une tête placée, l’international espoir trompe Alphonse Aréola. 2-1. Un but décisif puisque la rencontre se terminera sur ce score. C’est ce qu’on appelle un retour gagnant.

Malheureusement, cette performance mettra du temps à être confirmée. A l’instar d’un Stade Rennais dans le dur, marqué par un secteur offensif peu efficace, le Lyonnais de naissance peine à s’exprimer dans ce marasme.

Oui mais, car il y a un mais, le réveil tant attendu pointe le bout de son nez. Depuis plusieurs semaines, Del Castillo tire le collectif bretillien vers le haut. Celui-ci est décisif, auteur de 3 passes décisives récemment, mais demeure également précieux dans l’animation offensive. Petit à petit, l’oiseau fait son nid dans le onze rennais, jusqu’à devenir, actuellement, un élément indéboulonnable de l’attaque bretonne. Si le Stade Rennais va mieux, sans être pleinement guéri, Del Castillo possède sa part de responsabilité. Son registre habile balle au pied aide la formation de Stéphan à déséquilibrer le bloc adverse. D’ailleurs, il nous a gratifié de plusieurs gestes « Total Régal », si cher à Smaïl Bouabdellah.

Sa marge de progression reste non négligeable et interroge sur le potentiel de ce joueur. En continuant sur cette lancée, jusqu’où peut-il aller ? En tout cas, son duo sur les ailes avec un Raphinha, lui aussi en phase ascendante, bonifie le Stade Rennais, à mesure d’en faire un tandem létal et prépondérant.

Rennes doit aborder des matchs importants avant la trêve hivernale, la forme du joueur de 23 ans peut aider son équipe à bien les négocier. Son plafond est, à ce jour méconnu, mais Del Cass pourrait bien continuer à nous surprendre au fil des rencontres. Et le Stade Rennais ne demande que cela.

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