Une équipe pas à la hauteur de son public
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Éliminé suite au revers infligé par Cluj, les Rennais devaient tout de même se déplacer en terre écossaise. La mission était de se racheter, dans une campagne européenne ratée et avortée. Au delà du résultat, l’attente demeurait autour du contenu et de l’attitude pour ce match de prime abord sans enjeu.

Une partition sans saveur

21h, la rencontre démarre. À l’heure de la digestion, les supporters rennais espéraient avoir quelque chose à se mettre sous la dent, d’autant plus après la copie immangeable offert par les Rouge et Noir, le week-end dernier, à Dijon. Hélas, en vain. Un contenu indigeste, fade, proche de l’intoxication alimentaire, voilà comment résumer le menu concocté par les joueurs bretons. Incapables de réunir les ingrédients, du moins les bons, les bretilliens n’ont pas réussir à faire saliver leurs supporters, à y ajouter leur grain de sel.

En somme, les Rennais ont livré une partition sans relief. Amorphes, apathiques et fébriles sont les adjectifs adéquats pour décrire l’attitude rennaise sur la pelouse du Celtic Park. Si le résultat importait peu, compte tenu du contexte, le contenu lui était scruté et celui-ci inquiète, encore et toujours. L’équipe n’a, à aucun moment, imposé un quelconque rapport de force face à son adversaire du soir, deux voire trois crans au dessus. Bon dernier avec, au compteur un seul et unique point, le club n’a pas gagné le moindre match en Ligue Europa dans cette cuvée 2019/2020, au même titre que l’autre club français en lice et futur adversaire dimanche en championnat, Saint-Étienne. Le Stade Rennais disposera d’une dernière cartouche, à la maison contre une Lazio en quête d’une qualification, pour sauver les meubles.

Une continuité dans la médiocrité

Le match a mis en exergue les points faibles déjà observables sur ce début de saison. Un manque d’intensité et d’agressivité criant, aux antipodes des guerriers visibles l’an passé. Stéphan a aligné une équipe remaniée.

Certes, la plupart de ces joueurs manquent de rythme néanmoins sur ce genre de matchs, ils doivent montrer que l’on peut compter sur eux. Ce qui n’a pas été le cas. Rennes s’est contenté de regarder son adversaire jouer, sans imposer une quelconque pression. Ainsi, les Écossais ont pu ouvrir la marque à la 21e grâce à Morgan, en profitant d’un autre problème rennais, sa défense. Effectivement, cette dernière respire la fébrilité et s’est retrouvé en danger permanent sur les offensives ennemies. Le trident écossais ForrestMorgan-Christie s’est régalé au cours du match. Sans un sursaut d’orgueil, Glasgow a poursuivi sa marche en avant et a été faire le break par Christie peu avant la pause (45e+1). Les carences défensives auraient pu coûter plus cher sans un Mendy au rendez-vous, malgré sa faute de main sur le second but.

Un léger mieux après la pause

Le second acte a été légèrement meilleur pour le SRFC. Les joueurs ont réussi à avoir davantage le pied sur le ballon, mais rien de folichon. Cela est surtout dû à la gestion des Écossais, qui ont contrôlé la seconde mi-temps. Rennes ne se montrant pas des plus dangereux avec un déchet technique important. Néanmoins, la formation de Julien Stéphan s’est offerte de belles opportunités. Mais, comme face à Cluj, le portier adverse livre une partition de haute voltige. D’abord, sur cette double action (57e) où Tait puis Sietbacheu butent sur lui. La frappe du second ricoche même sur le poteau. Plus tard (64e), Maouassa d’une frappe croisée voit Forster le stopper avant que quelques secondes plus tard Léa Siliki frappe de loin et tombe sur un gardien encore présent.

Rennes n’y arrive pas et se fait même cueillir par le tout juste entrant, Johnston, 3-0 au tableau d’affichage.

La valise est là. Le kop rennais s’amuse à chambrer ses joueurs, sans méchanceté, qui aime bien châtie bien. Sur une longue séquence de passes bretiliennes, le kop lance des « Olé » à chacune d’entre elles. Le paradoxe ? C’est à l’issue de cela que Rennes réduit la marque, grâce au renard des surfaces Adrien Hunou, d’une tête croisée.

Le face à face s’achève sur un 3-1 en faveur des Celtes, au terme d’une pâle copie rennaise.

Le match aura été le théâtre de la première titularisation de Rafik Guitane sous le maillot rennais. Lucas Da Cunha, lui, a joué ses toutes premières minutes, qui en appellent évidemment d’autres.

Un chiffre intéressant ? 7 comme le nombre de joueurs formés au club sur la pelouse en fin de match.

RCK, tu es roi !

Si les joueurs n’ont pas répondu présent, le public lui a fait le show. Les meilleures actions rennaises se situaient dans les tribunes du Celtic Park. Le parcage se sera époumoné, les chants à la gloire du Stade Rennais auront résonné dans l’antre écossaise. Et ce de A à Z. Le match nous aura gratifié de moments formidables de communion entre Bretons et Grands-Bretons.

L’image de la soirée se déroule aux abords de la demi-heure de jeu. Tout part de l’initiative du public bretillien. En effet, ces derniers lancent un « Qui ne saute pas n’est pas Rennais », bras dessus bras dessous dos au terrain. Mouvement que tout le stade va reprendre, comme un seul homme, offrant à la planète football un moment mémorable. Le genre d’instants qui font tant chérir ce sport.

Le partage était de mise entre les deux camps, les supporters s’échangeant t-shirts et écharpes. Ce n’est pas tout. Un enfant écossais aura fait office de capo devant le kop rennais, vêtu d’un maillot « Nyamsi » récupéré et trois fois trop grand.

La prestation du public rennais a été saluée par les supporters du Celtic. Les hommages ont coulé à flot, afin de saluer la ferveur rennaise. Certains ont même qualifié le public rennais de « best away fans I’ve ever seen », signifiant littéralement « les meilleurs fans à l’extérieur que je n’ai jamais vu ». Lorsque l’on connaît la réputation que tient ce public écossais, de tels compliments ont de quoi faire rougir. À l’instar des fans du Betis, l’an passé, également loueurs du public Rouge et Noir.

À défaut d’avoir, à l’heure actuelle, une équipe qui tient la route, le club peut compter sur un public bouillant. Se déplacer à plus de 2 500 malgré une élimination d’ores et déjà actée, est synonyme d’un soutien sans relâche. On ne peut que regretter la fin de cette aventure européenne, car de telles images donnent envie que la route se poursuit.